Poème calligraphié par l'empereur Huizong

Anthologie bilingue de la poésie chinoise tardive : Vent du Soir

Poèmes chinois

Zhū Shū Zhēn (vers 1131)

Zhu Shuzhen 朱淑真 est une grande poétesse chinoise dont on a pu recueillir plus de trois cent cinquante poèmes ; elle fut également calligraphe et musicienne. Les dates de sa vie sont très mal connues ; on estime couramment que son activité poétique correspondrait aux années 1095-1131, mais d’autres la rattachent au Song du Sud.

Après une enfance heureuse et libre, elle exprima son chagrin et sa mélancolie d’épouse délaissée en évoquant les souvenirs d’un premier amour perdu et le passage des saisons dans un recueil intitulé Le cœur brisé (斷腸集 pour les 詩, 斷腸詞 pour les 詞).

Les poèmes


« Sur un air limpide et tranquille »

Ce poème de jeunesse est l’évocation de ce premier amour. Au regard des critères de bienséance de l’époque des Song, selon lesquels une femme ne saurait se promener en tenant la main d’un homme, même si c’est son mari, et plus encore par la scène de tendresse décrite au 6ème vers, il est d’une indécence absolue, et montre bien la liberté d’esprit de la jeune femme, qui se reflète aussi dans l’originalité de certaines images, notamment celles du premier vers, et dans l’expression sans détour de l’ensemble du poème.

« Deviner » 猜 une femme semble faire partie du jeu amoureux à l’époque des Song. Li Qingzhao 李清照 écrira de même ainsi dans le poème Sur l’air de « Laver le sable du torrent » au troisième vers :

眼波才動被人猜

« D’une œillade décochée j’ai le chic de toucher pour qu’il me devine… »

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