Anthologie bilingue de la poésie chinoise tardive

Zhū Dūn Rú (1081 – 1159) - Notes sur l'auteur et les poèmes

L'auteur

Zhu Dunru 朱敦儒 se refusa jusqu’à 51 ans à prendre toute charge officielle malgré sa réputation, puis occupa diverses responsabilités au service de l’État à partir de 1132, y compris sous l’autorité de l’ignoble premier ministre Qin Hui 秦檜, à la mort duquel il fut démis de ses fonctions. Ses œuvres, d’abord légères comme celle-ci, prirent ensuite un air de gravité en accord avec les malheurs du pays. Il fut aussi peintre et calligraphe.


Sur l’air d’« Un bonheur s’approche »

Honorée comme une divinité mineure comme le montre ce poème, la Demoiselle Pourpre 紫姑, dite « l’Esprit des Latrines » 廁神 car elle aurait été une concubine tuée par jalousie en ces lieux, fait partie des traditions légendaires et religieuses de la Chine. Il ne s’agit pas d’une entité unique et il en existe de nombreuses représentantes. Les jeunes femmes en confectionnaient la nuit du 15ème jour du 1er mois lunaire une représentation avec des balais et des branchettes qu’elles habillaient de broches et de fleurs. Elles leur confiaient aussi leurs affaires de cœur. On leur attribuait un don de prophétie. On les honorait également sous la forme d’une planchette écrite.

Dame He 何氏, la Demoiselle Pourpre la plus éminente, devenue contre son gré concubine d’un gouverneur sans scrupule de Shouyang 壽陽 (ville située entre Chang’An et Luoyang) entre 685 et 689, fut ainsi assassinée par l’épouse jalouse dans les latrines. Ces circonstances furent confirmées par le grand écrivain Su Dongpo 蘇東坡 (voir poèmes 16, 17, 18, 19) qui eut l’occasion de la rencontrer le 1er février 1081 à Huangzhou 黃州 et nous a livré dans ses Commémorations 東坡記 un témoignage circonstancié de cette entrevue. La Demoiselle, après avoir composé devant lui une dizaine de poèmes et répondu à ses questions, demanda à l’éminent lettré de faire connaître son existence. Su Dongpo prit soin aussi de relater les propos qu’ils échangèrent dans un autre texte intitulé Entretien avec la Demoiselle Immortelle 仙姑問答 et composa également en 1082 un 詞 (Sur l’air d’« Un voyage de jeunesse » 少年遊) à propos de cette rencontre.


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