Anthologie bilingue de la poésie chinoise tardive

Yuán Méi (1716 – 1798) - Notes sur l'auteur et les poèmes

L'auteur

Yuan Mei 袁枚 est l'un des écrivains les plus originaux de son temps. Docteur à vingt-quatre ans, il se fit beaucoup apprécier comme sous-préfet à Shuyang 沭陽 en 1743-1745 par son souci du bien-être des plus modestes. Face à une situation sociale et économique déplorable, il ne se contenta pas de dénoncer sans détour l'incurie des officiels corrompus, mais il prit des mesures : tout en contrôlant strictement l'administration sous ses ordres, il allégea les impôts, fit dispenser aux plus précaires des aides alimentaires, se préoccupa des activités agricoles et artisanales, régula les marchés ; ainsi la situation s'en trouva rapidement améliorée.

Par la suite, il abrégea volontairement sa carrière officielle à trente-deux ans pour se consacrer à la vie littéraire dans le « Jardin Sui » 隨園 qui avait appartenu à la famille de Cao Xueqin 曹雪芹, l'auteur du Rêve dans le pavillon rouge, aux portes de Nankin. Auteur fort apprécié par ses contemporains, il y vécut aisément de sa plume en y recevant ses amis et disciples et autres lettrés de passage, faisant de cette villa un centre littéraire et une école de poésie. En particulier, il y conseillait en ce domaine des jeunes femmes qu'il encourageait et dont il édita à ses frais plusieurs florilèges d'œuvres. Ce féminisme en avance sur son temps encourut la réprobation de beaucoup de ses contemporains, d'autant que Yuan Mei était indiscutablement un hédoniste : diverses concubines se succédèrent et sa réputation de libertin bisexuel a subsisté jusqu'à nos jours.

En matière de principes poétiques, il insista sur les sentiments personnels (selon la théorie du xingling 性靈) de préférence à toute règles imposées et aux conventions littéraires issues des époques précédentes . Ce parti pris se reflète très bien dans ses œuvres poétiques, dont l'expression très personnelle est à la fois naturelle et originale, et souvent pleine d'humour. Il rédigea aussi au fil des jours des notes qui reflète sa culture littéraire et son scepticisme devant les croyances traditionnelles, sans chercher toutefois à développer théories et hypothèses.

Son œuvre est considérable : il écrivit plus de 4000 poèmes, mais également des essais, notamment un traité de poésie, un recueil de contes de fantômes malicieusement intitulé « Ce dont Confucius ne parlait pas », un recueil de cuisine fort apprécié en son temps, et des récits de voyage.


Quand j’ai poussé la fenêtre

Sous l’inspiration

Sur l’air de « Tout un fleuve de rouge »

La quinzième nuit de décembre

Depuis le nord du Bois d’Osmanthes quand la Li atteint L’Élan Prospère

Aux Canaux des Sables

Derniers mots

Le Pic de l’Épi de Fleurs Singulier

Une marche en montagne - Odelettes mélangées


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