Anthologie bilingue de la poésie chinoise tardive

Sū Shì (1037 – 1101) - Notes sur l'auteur et les poèmes

L'auteur

Su Shi 蘇軾, le lettré de la pente de l’est 東坡居士, dit Su Dongpo 蘇東坡, est l’un des plus grands écrivains chinois. Originaire du Sichuan, reçu au concours mandarinal en 1057 à vingt et un ans, il participa à toute les luttes politiques de son temps et en subit toutes les vicissitudes. Proche d’Ouyang Xiu 歐陽修 et comme lui soucieux du bien public et conscient des améliorations à apporter aux institutions et à la société chinoise, il s’opposa fermement aux réformes imposées par le premier ministre Wang Anshi 王安石, à fondements idéologiques (le bréviaire de Wang est le Rituel des Zhou 周禮, une description idéaliste de la dernière dynastie royale de l’antiquité !) et dont l’application sur le terrain par des responsables locaux serviles, incompétents et corrompus, ou du moins trop sensibles aux intérêt particuliers, conduisait à des résultats catastrophiques. Il occupa de nombreux postes de préfet dans les provinces, s’efforçant notamment de lutter contre la misère provoquée par les réformes. En 1079, suite à ses critiques, il échappe de peu à la peine capitale, puis est exilé à Huangzhou 黃州, petite ville sur la rive nord du Yangzi. En 1086, l’empereur Shenzong 宋神宗 meurt et Su Shi, considéré comme le chef du parti conservateur, est nommé secrétaire du nouvel empereur. Lassé des intrigues de ses adversaires, il repart en province en 1089. Il sera néanmoins ministre de la fonction publique en 1091, de la guerre en 1092 et des rites en 1093. En 1094, le retour de la faction réformiste le conduit à l’exil à l’extrême sud de la Chine, près de Canton puis sur l’île de Hainan. Il n’en reviendra qu’en 1100 à la mort de l’empereur, mais mourra malade et épuisé à peine arrivé à Changzhou 常州, où il comptait finir sa vie.

Son œuvre littéraire est considérable. Elle comporte des œuvres en prose inspirée de la simplicité et de la force du style antique (gu wen 古文) : essais historiques, relations des événements de l’époque, lettres diverses, et ce genre particulier de prose poétique qui s’appelle le fu 賦. Son œuvre poétique est aussi abondante, aussi bien en 詞 qu’en 詩. Comme on pourra le constater, il a considérablement élargi le répertoire du 詞 en conférant aux odes un caractère épique ou philosophique.

Il fut aussi peintre, en particulier de bambous, théoricien de la peinture et excellent calligraphe.


Sur l’air de « Premier chant mélodique sur l’eau »

Cette invocation à la lune est sans doute la poésie la plus célèbre de Su Dongpo et elle reste chère au cœur des Chinois d’aujourd’hui. On remarquera l’état d’esprit empreint de bonne humeur du poète, sa fantaisie, l’engagement facile de sa pensée dans des réflexions philosophiques. Su Dongpo renouvelle ici un thème déjà abordé notamment par le célèbre Li Bo 李白 (701 - 762), dans un célèbre poème, Sous la lune seul à boire 月下獨酌.


Zi You 子由 est le frère de Su Shi. Dans le préambule écrit par le poète, « en grande ivresse » 大醉 est souvent censuré par les rabat-joie de l’époque ou d’aujourd’hui. Soulignons au contraire que la boisson alcoolisée a été l’un des moteurs de l’inspiration créatrice des poètes, hommes et femmes, tout au long de l’histoire chinoise.

Sur l’air de « Joie éternelle de la rencontre »

Sur l’air de « Un maître en divination »

Sur l’air de « Souvenir d’une gracieuse enfant »

Ce grand poème épique est évidemment l’un des plus connus de l’auteur ; il fait partie des textes qui ont contribué à forger la mémoire de l’identité nationale chinoise. L’événement évoqué, survenu à l’hiver 208, est un épisode de la lutte entre la redoutable armée de Cao Cao 曹操, qui dominait le nord de la Chine, et les armées alliées de Sun Quan 孫權 et Liu Bei 劉備, qui contrôlaient le reste du pays. Le jeune général Zhou Yu 周瑜 (Gongjing 公瑾) fit incendier à l’aide de brûlots la flotte de Cao Cao, mettant un terme aux ambitions de ce dernier de réunifier la Chine sous son autorité. Selon la tradition, le site de la bataille, sur la rive droite du Yangzi, tient son nom de Falaise Rouge 赤壁 de l’embrasement causé par l’incendie.

Sur l’air de « Pour apaiser le vent et les vagues » [風]

Sur l’air de « L’enfant de la cité du fleuve »

"Sans bonnes causeries" : Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, "La servante au grand coeur...", vers 10.

Sur l’air de « Le génie des bords du fleuve »

Sur l’air d’« En souvenir d’une gracieuse enfant » [晚][風]

Sur l’air de « Complainte du dragon des eaux »

Sur l’air de « Félicitations au nouveau marié »

La remarque du dernier vers est typique de la pensée personnelle de Su Dongpo.

Sur l’air d’« Un voyage de jeunesse »


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