Anthologie bilingue de la poésie chinoise tardive

Oū Yáng Xiū (1007 – 1072) - Notes sur l'auteur et les poèmes

L'auteur

Ouyang Xiu 歐陽修, issu d’une famille modeste du sud de la Chine, réussit le concours du mandarinat à vingt-deux ans et mena une carrière politique active. Très proche de Fan Zhongyan 范仲淹, il s’associa au mouvement de réformes de 1043, mais s’opposa par la suite fermement à celles imposées par Wang Anshi 王安石. Sa carrière connut alternativement, au gré de la lutte des factions à la cour des Song, des périodes favorables, notamment au début des années 1060, où il détint des pouvoirs importants, et des périodes où il se vit relégué dans des postes éloignés. Son œuvre littéraire est considérable : essais, dissertations, travaux d’historien, poésie ; il est surtout reconnu comme un grand maître de la prose littéraire pour laquelle il fut très admiré.


Sur l’air d’« Un papillon épris d’une fleur »

Sur l’air de « Marcher sur un tapis de souchets »

Sur l’air d’« Un papillon épris d’une fleur »

Sur l’air d’« Une fleur de magnolia »

Sur l’air de « Le génie des bords du fleuve »

Sur l’air de « Cueillir des mûres »

Sur le Torrent Jaune accostant pour la nuit

Les gens de Chu 楚人 : voir Liŭ Yŏng (987 ? – 1053 ?).

Sur l’air d’« Un chant du Sud »

Canard mâle canard femelle 鴛鴦 : les canards mandarins sont en Chine un symbole traditionnel de l’amour et de la fidélité conjugale. Je me suis laissé aller à évoquer le poème Les deux pigeons de Jean de la Fontaine, auquel il était difficile de ne pas penser dans le contexte.

La femme décrite dans ce poème est, bien entendu, une courtisane. On remarquera qu’elle peut avoir un trou de mémoire sur deux caractères difficiles, mais qu’elle n’en sait pas moins lire et écrire. Certainement bien davantage que les demi-mondaines de la Belle Époque, ces femmes somptueusement vêtues et meublées sont cultivées et éduquées, elles savent manier le pinceau pour écrire ou peindre comme ici ; on les invite aux banquets, car elles maîtrisent l’art de la conversation avec les lettrés de l’époque, et savent tout aussi bien chanter, danser, et jouer de la musique.

L’évocation de la fidélité conjugale dans ce contexte n’est pas non plus paradoxale. Les mariages arrangés dans la Chine classique conduisaient souvent les lettrés à rechercher l’amour auprès des courtisanes et à nouer avec elles des relations aussi durables que les déplacements liés à leur carrière pouvaient le leur permettre.


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