Anthologie bilingue de la poésie chinoise tardive

Lǐ Qīng Zhào (1084 – après 1149) - Notes sur l'auteur et les poèmes

L'auteur

Li Qingzhao 李清照 est née dans une famille aristocratique et cultivée dans la préfecture de Ji Nan 濟南, dans l’actuel Shandong. Elle bénéficie d’une éducation à la fois approfondie et ouverte, et manifeste dès l’adolescence des dons exceptionnels de composition poétique qui lui valent déjà une certaine notoriété ; elle sait aussi peindre, composer de la musique et chanter. Elle épouse en 1101 à dix-huit ans un jeune lettré lauréat des concours, Zhao Mingcheng 趙明誠, passionné d’épigraphie et de poésie, dont le père deviendra premier ministre, et qui se trouve employé à Kaifeng. Suite aux revers que subissent les carrières de leurs pères respectifs lors des luttes politiques, le couple en 1107 s’installe en province, où pendant une dizaine d’années il rassemble avec passion une importante collection de peintures et d’inscriptions antiques. Le bonheur est au rendez-vous : Li Qingzhao sera un chantre de l’amour conjugal.

Mais l’attaque des Jin en 1126 les contraint à s’enfuir vers le sud ; Zhao Mingcheng meurt en 1129 lors d’un voyage à Nankin. Dans la confusion totale qui règne devant l’avance des Jürchen, Li Qingzhao s’enfuit de ville en ville à la suite de la Cour, jusqu’à Lin’An 臨安 (l’actuelle Hangzhou 杭州) où elle fera publier, en 1136, le Catalogue des inscriptions sur pierre et bronze : il ne reste alors rien des collections qui en furent la source, brûlées ou pillées. Elle passera la fin de sa vie dans l’errance et la pauvreté. On ne connait même pas la date de sa mort : les indications varient largement d’un ouvrage à l’autre.

Li Qingzhao publia durant sa vie sept volumes de 詩 et de prose, et la partie la plus remarquable de son œuvre : six volumes de 詞. De tout ceci, il ne nous est parvenu que quelques lambeaux. De l’œuvre en prose, trois textes : le bref traité sur les odes intitulé 詞論, la postface au Catalogue des inscriptions sur pierre et bronze précédemment évoquée, et une lettre. De l’œuvre poétique, outre quelques fragments de vers isolés, une quinzaine de 詩 et une cinquantaine de 詞.


La fête des Lanternes 燈節 est une fête traditionnelle, le 15 de la première lune, au terme des festivités du Nouvel An chinois, où l’on sort la nuit tombée en portant des lampions de papier rouges.

Ce poème est un objet unique et singulier dans l’histoire mondiale de la littérature classique, aussi bien du point de vue mélodique et rythmique (l’ouverture des trois premiers vers a l’audace de celle de la Vème symphonie de Beethoven) que par les interrogations qu’il soulève sur la signification et la portée du langage.

Sur les sterculiers 梧桐 (5ème vers de la seconde strophe), voir Sur l’air d’« Une pleine cour de parfums ».


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