Anthologie bilingue de la poésie chinoise tardive

Jiāng Kuí (1152 – 1220) - Notes sur l'auteur et les poèmes

L'auteur

Jiāng Kuí 姜夔 est l’un des meilleurs poètes de la fin des Song et celui, avec Xin Qiji 辛棄疾, dont l’influence fut la plus grande. De tous les poètes chinois de ce recueil, c’est aussi celui, avec Liu Yong 柳永, qui ressemble le plus à notre image traditionnelle du poète par la vie de bohème qu’il mena. En effet, il échoua systématiquement aux examens, ne tint pas de fonctions officielles et, préférant d’ailleurs sa liberté, vécut de la vente de ses calligraphies, des chansons qu’il composait et que sa compagne Xiaohong 小紅 chantait pendant qu’il l’accompagnait à la flûte (« 自作新詞韻最嬌, 小紅低唱我吹簫 » écrit-il dans Passant sous l’arc-en-ciel 過垂虹) sur les lieux à la mode de l’époque, ainsi que de la générosité de ses nombreux amis, parmi lesquels figurent les poètes les plus importants de cette période, en particulier Fan Changda 范成大, Yang Wangli 楊萬里 et Xin Qiji.

Mais c’est un vrai créateur passionné de musique, qui attache un soin particulier aux effets sonores et à l’harmonie tonale et qui, à la suite de Zhou Bangyang 周邦彥 et de Li Qingzhao 李清照, redonne aux 詞 toute leur dimension musicale. Il créa ainsi de nombreux airs, en multipliant les indications musicales dans les introductions aux poèmes qui restent les plus précieux documents dont nous disposons sur la musique des Song.


Sur l’air de « La saison des perdrix »

Sur l’air de « La saison des perdrix »

Odelette des pruniers de jade (au premier ton)

Fan Cheng Da (1126 — 1193), le lettré du lac des Pierres, et Jiang Kui sont deux poètes majeurs de l’époque des Song du Sud. Les voici, reclus par le froid hivernal, qui s’occupent en composant et… en entreprenant de distiller de quoi se réchauffer !

Sur l’air de « Laver le sable du torrent »

Sur l’air d’« Une plainte depuis la galerie » (lento)

Complainte du pavillon aux martins-pêcheurs– Poème à deux strophes

Sur l’air d’« En souvenir d’un petit-fils de roi »

« Yangzhou lento »

Les vers 6 et 8 font allusion à l’attaque de Yangzhou 揚州 par les Jürchen en 1161, d’où résultat l’état d’abandon de la ville décrit dans le poème.


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